Note 25 — INTRODUCTION.
Reading edition
Merlin consent à quitter les bois, à reparaître dans les villes. Mais bientôt le tumulte et le mouvement de la foule le replongent dans sa première mélancolie; il veut retourner à la forêt. Ni les pleurs de sa femme, ni les prières de sa sœur, ne peuvent le fléchir. On l'enchaîne; il pleure, il se lamente. Puis tout à coup, voyant le roi Rodarcus détacher du milieu des cheveux de Ganiede une feuille verte qui s'y trouvait mêlée, il jette un éclat de rire. Le roi s'étonne et demande la raison de cet éclair de gaieté. Merlin veut bien répondre, à la condition qu'on lui ôtera ses chaînes et qu'on lui permettra de retourner dans les bois. Dès que la liberté lui est rendue, il dévoile les secrets de sa sœur, la reine Ganiede. Le matin même, elle avait prodigué ses faveurs à un jeune varlet, sur un lit de verdure dont une des feuilles était demeurée dans ses cheveux. Ganiede proteste de son innocence: «Comment, dit-elle, ajouter la moindre foi aux paroles d'un insensé!» Et, pour justifier le mépris que méritaient de telles accusations, elle fait prendre successivement trois déguisements à l'un des habitués du palais. Merlin interrogé annonce à cet homme trois genres de mort. La prédiction s'accomplit, mais beaucoup plus tard[25], et la reine, en attendant, triomphe de la fausse science du devin. On retrouvera dans le roman de Merlin cet épisode devenu célèbre.