Note 12 — INTRODUCTION.
Reading edition
Voici une dernière preuve du lien étroit qui unit la chronique de Nennius à celle de Geoffroy. La première s'arrêtait à la mention des douze combats d'Artus[12]. À compter de là, Geoffroy, sentant le besoin d'un autre guide, nous avertit qu'il va compléter ce qu'il avait trouvé dans le livre breton par ce qu'il a recueilli de la bouche même de l'archidiacre d'Oxford, cet homme si versé dans la connaissance de toutes les histoires. Pouvait-il avouer plus clairement la perte du bâton qui l'avait jusqu'alors soutenu? Après avoir donc suivi les légendes populaires pour ce qui regardait Artus, il se borne à mentionner les événements liés à l'histoire de la conquête anglo-saxonne. Il accepte les récits connus, sans faire pour les dénaturer un nouvel appel à ses souvenirs scolastiques. C'était le seul moyen de donner une sorte de consistance aux fables précédemment accumulées. On pouvait en effet être tenté d'accorder à ces fables une certaine confiance, en voyant celui qui les avait rassemblées se rapprocher, pour les temps mieux connus, du récit de tous les autres historiens.