Note 77 — CHAPITRE III.
Reading edition
Nous l'avons dit, selon la croyance druidique, l'on ne mourait pas, l'âme quittait ce monde pour un autre, et s'y revêtait d'une nouvelle enveloppe charnelle. Cette foi à la perpétuité de la vie, dans des existences successives, donnait aux Gaulois, en toute circonstance, ce mépris de la mort, signalé par tous les historiens de l'antiquité, car il constitue le trait le plus caractéristique de la race de nos pères.—Aristote assure que «les Gaulois poussaient le mépris du danger jusqu'à refuser de s'enfuir d'une maison prête à s'écrouler.»—Horace définit la Gaule: «La terre où l'on n'éprouve pas la peur de la mort;»—«Tandis que les Romains,—dit Polybe,—n'arrivaient au combat qu'après s'être rendus invulnérables, les Gaulois, se dépouillant de leurs vêtements habituels, y venaient presque nus; tel était le premier rang de leur armée, composé des plus jeunes, des plus beaux et des plus héroïques. Au premier abord, avant d'avoir fait l'épreuve du fer, l'ennemi lui-même éprouvait une sorte de terreur devant cette témérité surhumaine.»—«Coupés avec les haches à deux tranchants,—dit Pausanias,—ou déchirés à coups d'épée, l'emportement de leurs âmes (des Gaulois) ne faiblissait pas tant qu'ils respiraient; retirant les traits de leurs blessures, ils les retournaient contre les Grecs.»