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Les mystères du peuple, tome I

Note 83 — CHAPITRE III.

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Cette superstition, dit M. Amédée Thierry dans son Histoire des Gaulois, t. II, p. 63, a inspiré à un poëte grec inconnu quelques vers pleins de grâce, qui méritent de trouver place ici:

«C'est le Rhin, ce fleuve au cours impétueux, qui éprouve chez les Gaulois la sainteté du lit conjugal.—À peine le nouveau-né, descendu du sein maternel, a-t-il poussé le premier cri, que l'époux s'en empare.—Il le couche sur son bouclier et court l'exposer aux caprices des flots; car il ne sentira pas dans sa poitrine battre un cœur de père avant que le fleuve, juge et vengeur du mariage, ait prononcé l'arrêt fatal.—Ainsi donc, aux douleurs de l'enfantement succèdent pour la mère d'autres douleurs; elle connaît le véritable père, et pourtant elle tremble dans de mortelles angoisses, elle attend ce que décidera l'onde inconstante.» (Julian., Épist. XV, ad Maxim, philos.—Idem, Orat. in Constant, imper.—Anthiol, l. I, ch. lxiii.)

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