Note 19 — VI
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À ce propos, nous éprouvons un scrupule. Cette année, un pauvre diable, seulement coupable de vagabondage, et nommé Decure, a été condamné à un mois de prison; il exerçait en effet, dans une foire, le métier de squelette ambulant, vu son état d'incroyable et épouvantable maigreur. Ce type nous a paru curieux, nous l'avons exploité; mais le véritable squelette n'a moralement aucun rapport avec notre personnage fictif. Voici un fragment de l'histoire de l'interrogatoire de Decure:
Le président: Que faisiez-vous dans la commune de Maisons au moment de votre arrestation?
R.: Je m'y livrais, suivant la profession que j'exerce de squelette ambulant, à toutes sortes d'exercices, pour amuser la jeunesse; je réduis mon corps à l'état de squelette, je déploie mes os et mes muscles à volonté; je mange l'arsenic, le sublimé-corrosif, les crapauds, les araignées, et en général tous les insectes; je mange aussi du feu, j'avale de l'huile bouillante, je me lave dedans, je suis au moins une fois par an appelé à Paris par les médecins les plus célèbres, tels que MM. Dubois, Orfila, qui me font faire toutes sortes d'expériences avec mon corps, etc. (Bulletin des tribunaux.)