Note (retour) — LES JOIES DU PARDON
Reading edition
«Je vis bien vite que j'avais fait un marché de dupe, ou plutôt que le bon curé savait bien ce qu'il faisait en me le proposant. Chaque jour j'oubliais l'innocent sapristi, et je reprenais mon triste répertoire. Aussitôt, le curé me faisait un sermon en trois points, et j'étais bien forcé de l'écouter, puisque c'était dans nos conventions. Vous devinez facilement le reste: à mesure que mon vénérable ami me dévoilait les beautés de la religion, j'y prenais goût; ce n'était plus une punition, c'était devenu un besoin. Bientôt, je fus tout à fait converti; mon excellent curé me fit approcher des sacrements; maintenant je trouve mon bonheur à l'accomplissement de mes devoirs, et il ne me reste de mon ancien état que l'habitude d'assaisonner toutes mes phrases du fameux sapristi, ce qui me fait appeler par tout le monde ici le capitaine Sapristi. Si je raconte volontiers mon histoire, c'est dans l'espérance qu'elle pourra détourner du mal, et de la mauvaise habitude de jurer, quelques personnes aussi coupables que je l'étais alors.1»