Note (retour) — Front matter
François Guizot translation
SILVIE—Églamour, vous êtes un noble chevalier; ne croyez pas que je vous flatte, je jure que je dis la vérité; oui, vous êtes brave, sage, compatissant, accompli. Vous n'ignorez pas l'amour que je porte à Valentin exilé; ni que mon père voudrait me forcer à épouser l'orgueilleux Thurio que mon âme déteste. Vous avez aimé, cher Églamour, et je vous ai entendu dire que jamais douleur ne fut plus déchirante pour votre coeur que la mort de votre dame et fidèle amie, sur le tombeau de laquelle Vous avez juré une chasteté éternelle51. Cher Églamour, je voudrais aller trouver Valentin à Mantoue, où j'apprends qu'il s'est retiré. Comme cette route est dangereuse, je désirerais me voir accompagnée d'un brave chevalier tel que vous, dont je connusse la foi et l'honneur. Ne m'objectez point le courroux de mon père; Églamour, ne pensez qu'à ma douleur, à la douleur d'une femme et à la justice de ma fuite, pour me soustraire à une alliance impie, que le ciel et la fortune puniraient de mille fléaux. Avec un coeur aussi plein de chagrins que la mer l'est de sables, je vous conjure de m'accompagner et de me conduire à Mantoue. Si vous me refusez, cachez au moins ce que je vous confie, et je me hasarderai à partir seule.