Note (retour) — ÉMILE CHEVALIER
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Cette migration n'a, du reste, rien qui doive surprendre. Les circonstances ont pu les provoquer. Au fur et à mesure que la ville a élargi sa ceinture, les fabriques, les usines se sont multipliées. Par conséquent, les rives du fleuve ont acquis une importance relative qu'elles n'avaient pas auparavant. On a vendu les terrains occupés par les maisons de plaisance pour y faire des manufactures, et les premiers se sont réfugiés autre part. Puis, fait digne d'attention, comme beaucoup de cités américaines, Montréal tend à remonter le cours du fleuve qui baigne ses murs. Il n'y a pas longtemps, les vaisseaux ne jetaient point l'ancre plus haut que la place de la Douane. Par l'ouverture du canal Lachine16, on leur a facilité un mouillage jusqu'au bout de l'île, pour ainsi dire. Dans quelques années probablement, quand les docks projetés par M. Young seront exécutés, le port de Montréal s'étendra de la rue Bonsecours, à l'entrée du faubourg Québec, jusqu'à la pointe Saint-Charles, tête du pont Victoria.