Note 485 — XXIII RÈGNE DE LOUIS XVI (SUITE ET FIN)
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Quand les artistes élevaient ces prétentions et qu’on ne cédait point à leurs désirs, ils refusaient le service et aimaient mieux se laisser conduire au For l’Évêque que de rien abandonner de leurs exigences. Ils savaient bien qu’ils finissaient toujours par triompher. Voici une lettre de Mlle Dupré, danseuse à l’Opéra, et que protégeait l’ambassadeur de Sardaigne, qui montre bien comment les comédiens savaient jouer du For l’Évêque :
« A M. Morel, rue du Sentier, no 19. 5 septembre 1783. J’ai l’honneur de vous informer, monsieur que le tout a été on ne peut pas mieux. Je n’ai d’autres regrets que celui de n’avoir resté enfermée que vingt-quatre heures. Le raclement des barreaux et le train des verrous étoient très amusants, et faisoient une harmonie délicieuse. J’y avois déjà fait porter bien des paquets et des provisions, comptant faire un plus long séjour dans ces lieux charmants, où néanmoins j’aurois beaucoup souffert d’ennui et de tristesse, comme vous pouvez bien vous l’imaginer. Enfin voilà la pièce jouée au parfait. Il ne me reste qu’à m’occuper de l’état de mes affaires. Je vous prie, monsieur, de vouloir bien engager M. de la Ferté à me donner un mot d’écrit, au moyen duquel on puisse commencer à me payer les appointements du mois échu sur le nouveau pied convenu ; bien entendu que je continuerai à signer sur l’état comme ci-devant. Le secret sera toujours gardé soigneusement et j’attendrai votre réponse avec impatience, vous priant de me marquer par la même occasion le jour que je pourrai aller remercier M. de la Ferté de toutes les bontés qu’il a pour moi. » (Lettre inéd., Arch. nat., O1629.)