Note 420 — XX RÈGNE DE LOUIS XV (SUITE)
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Lauzun, qui avait précédé Clairval dans les bonnes grâces de la comtesse et qui s’était vu quitter pour le comédien, raconte avec une naïveté charmante les débuts de cette liaison dont il faisait les frais : « Trouvant un jour la comtesse baignée de larmes et dans l’état le plus déplorable, je la pressai tellement de me dire ce qui causoit ses peines, qu’elle m’avoua, en sanglotant, qu’elle aimoit Clairval, et qu’il l’adoroit. Elle s’étoit dit mille fois inutilement tout ce que je pouvois lui dire contre une inclination si déraisonnable, et dont les suites ne pouvoient qu’être funestes. J’entrepris de la ramener à la raison ; je la prêchois, je la persuadois de renoncer à lui, elle me donnoit des paroles qu’elle ne tenoit pas. J’étois douloureusement affligé de voir se perdre une personne qui m’étoit aussi chère. Je fus trouver Clairval : je lui fis sentir tous les dangers qu’il couroit, et tous ceux qu’il faisoit courir à Mme de Stainville. Je fus content de ses réponses : elles furent nobles et sensibles : « Monsieur », me dit-il, « si je courois seul des risques, un regard de Mme de Stainville payeroit ma vie ; je me sens capable de tout supporter pour elle sans me plaindre ; mais il s’agit de son bonheur, de sa tranquillité, dites-moi le plan de conduite que je dois suivre et soyez sûr que je ne m’en écarterai pas. » Il ne tint pas mieux ses promesses. » (Mémoires de Lauzun).