Note 41 — III DU TROISIÈME AU SIXIÈME SIÈCLE
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Les Romains étaient loin d’avoir sur la pudeur les mêmes idées que nous ; le nu ne les choquait pas. L’usage des bains communs aux deux sexes existait de tout temps chez eux et il fallut à l’Église plusieurs siècles d’efforts pour arriver à déraciner à peu près cet usage : « Que dirai-je des vierges qui vont se laver dans les bains publics, écrit saint Cyprien, et qui prostituent aux yeux lascifs des corps consacrés à la pudeur ? Car lorsqu’elles s’exposent ainsi nues à la vue des hommes, ne fomentent-elles pas les passions déshonnêtes ? N’allument-elles pas les désirs de ceux qui les regardent ? « C’est à eux, dites-vous, à voir avec quels desseins ils viennent là ; pour moi, je ne songe qu’à me laver et à me rafraîchir. » Un bain de cette sorte ne vous nettoie pas, mais vous salit encore davantage. Vous ne regardez personne impudiquement ; à la bonne heure, mais l’on vous regarde impudiquement ; vos yeux ne sont point souillés d’un plaisir infâme, mais le plaisir que vous donnez aux autres vous souille vous-même. Du bain, vous en faites un spectacle, et l’on ne voit pas sur le théâtre des choses plus déshonnêtes que celles que vous y faites. » Au septième siècle, le concile de Constantinople in Trullo interdisait encore aux prêtres, sous peine de déposition, et aux laïques, sous peine d’excommunication, de se baigner avec des femmes.