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Les bijoux indiscrets

Note 63 — CHAPITRE XXXVIII.

Reading edition

C'est ce chapitre qui frappa si vivement Lessing. Voici une partie de ce qu'il dit à ce sujet: «Diderot, bien avant le Fils naturel et les Entretiens qui parurent en même temps, en 1757, avait témoigné qu'il n'était pas content du théâtre de son pays. Bien des années auparavant[C], il avait laissé voir qu'il n'en avait pas cette haute idée dont ses compatriotes sont infatués et que l'Europe se laisse imposer par eux. Mais il a exprimé son opinion dans un livre où l'on ne cherche pas, à vrai dire, de pareilles idées; dans un livre où le ton du persiflage règne à tel point que la plupart des lecteurs n'y voient que bouffonnerie et sarcasme, même quand la saine raison y prend la parole. Sans doute Diderot avait des raisons pour produire ses opinions secrètes dans un pareil livre plutôt que dans un autre. Un homme prudent dit souvent en riant d'abord ce qu'il veut redire après sérieusement. Ce livre s'appelle les Bijoux indiscrets, et aujourd'hui Diderot le renie. Il fait très-bien de le renier, et cependant il l'a écrit, et il faut bien qu'il l'ait écrit, s'il ne veut pas passer pour un plagiaire. Il est certain qu'il n'a pu être écrit que par un jeune homme capable de rougir un jour de l'avoir écrit.» Dramaturgie, traduction de M. Ed. de Suckau.

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