Note 100 — CHAPITRE LIV.
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Ce dernier portrait nous rappelle le cardinal de Fleury. Il n'est pas plus exactement reproduit que tous ceux que nous avons cru reconnaître; mais, comme nous l'avons déjà dit, ce n'est pas pour faire du scandale que Diderot sème son roman d'allusions. Ces allusions lui sont venues tout naturellement. Il commence souvent l'esquisse d'un personnage: on peut croire qu'il va achever le tableau; mais la prudence intervient et lui souffle de bons conseils; il tourne subitement et tâche d'écarter le danger en déroutant les devineurs d'énigmes. C'est donc sur les traits généraux et non sur les détails qu'il faut se fonder pour essayer des explications. C'est par ce procédé que les lecteurs contemporains ont reconnu le maréchal de Richelieu dans Sélim, quoique les aventures de Sélim et celles du maréchal diffèrent considérablement par la particularité et par la succession des événements. Il est fort possible que cette habileté, qui a empêché qu'on poursuivît l'auteur des Bijoux, ait contribué à faire enfermer celui de la Lettre sur les aveugles. La punition a été retardée parce que, devant des peintures volontairement vaporeuses, on était forcé de se dire: «C'est évidemment tel ministre, tel courtisan, telle grande dame, et cependant on ne saurait l'affirmer; elle est venue, comme cela arrive souvent, à propos d'autre chose. Ici, on peut mieux qu'ailleurs suivre les habiletés et les intrigues de Fleury avant d'arriver au ministère, son amour de la paix qui le pousse à payer l'Angleterre pour conserver son alliance; ses persécutions contre les jansénistes qui «jouaient d'autres menuets que les siens;» sa maladroite condescendance vis-à-vis de l'Autriche, etc.
Dans le cas où nous ne nous tromperions pas, Brrrouboubou serait Charles Frey de Neuville, qui prononça à Paris, en 1743, l'Oraison funèbre de S. Exc. Mgr le cardinal A.-H. Fleury.