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Le Tour du Monde; Les Yakoutes

Note (Retour au texte) — ERRATA.

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Nous mîmes beaucoup moins de temps à descendre qu'à monter; le voyage, qui avait duré seize heures environ, avait tellement épuisé nos forces et celles des chevaux et des rennes, que nous ne pouvions plus nous remuer. Nous fîmes halte dès que nous eûmes trouvé un lieu de campement au pied de la montagne. Nous venions de décharger nos bêtes, d'allumer des bouzes pour éloigner les moucherons, et de prendre une tasse de thé, lorsque mon chien, que j'avais laissé en liberté, revint du milieu du bois, et par ses aboiements nous fit comprendre qu'un animal se trouvait dans les environs. Je ne sais ce que devint la fatigue dont j'étais accablé, la sueur dont j'étais baigné, la faim et la soif que je ressentais; mais sans réfléchir que l'animal dépisté pouvait être un ours ou quelque autre bête féroce, je m'élançai à sa poursuite avec le plus jeune de mes cosaques et un des guides. Armés d'un couteau et d'un fusil, dont nous examinâmes la charge et l'amorce, nous suivîmes la trace du chien jusqu'au sommet du Djougdjour. Là nous découvrîmes un mouton sauvage[16] sur la saillie d'un rocher à pic, saillie qui n'était pas plus large qu'un lit. Ayant trouvé une anfractuosité boisée, nous nous glissâmes d'arbre en arbre jusqu'à une centaine de pas de l'animal, et nous fîmes feu tous à la fois. Nous l'avions tué. S'il eût été possible, nous aurions suspendu l'un de nous à un long câble et nous l'aurions descendu vers le gibier, après lui avoir mis une corde en main: il aurait attaché l'une des extrémités aux cornes du mouton et aurait pris l'autre entre ses dents, après quoi nous l'aurions hissé en haut. Mais l'animal, en expirant, tomba sur le côté, glissa de dessus la pierre et roula dans un abîme incommensurable. Le bruit occasionné par le choc de ses cornes contre les parois du rocher fut bruyamment répété par l'écho. Laissant à chaque angle de pierre un lambeau de sa chair, il fut anéanti avant d'arriver au fond du précipice. Ce fut un bonheur pour nous que la chasse finît de cette façon; car si le gibier fût resté sur place, l'un de nous eût peut-être fait une semblable chute en l'allant chercher.

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