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«Voilà un crâne de vroucolacas[22] (possédé), dit-il, me désignant celui que je tenais à la main; il a les dents noires.—Cela prouve tout au plus qu'il les avait mauvaises, répliqua Schranz.—Vous n'avez donc jamais vu de vroucolacas, effendi?—Non.—J'en ai vu un, moi. Il y avait à Kavala un homme qui s'appelait Makalakis, qui avait le mauvais œil et qui toute sa vie avait fait du mal aux autres hommes. Quand il traversait le champ du voisin, le tabac montait sur pied, et les femmes qu'il regardait devenaient stériles. Un jour on le trouva mort près du tsarchi. Il était noir comme ceux qui meurent de la peste. «Voilà qui est mauvais,» dit le pappas. Pendant toute une année, Makalakis ne cessa de rôder autour des maisons voisines. On alla chercher le pappas, et on déterra Makalakis: son corps était toujours noir et ses chairs étaient fermes, comme s'il fût mort la veille. «Allons chercher l'évêque,» dit le pappas, et quand vint l'évêque, qui était un saint homme, les chairs se décomposèrent, mais les os restèrent noirs, et cela n'est pas naturel, effendi, et ce crâne que vous tenez là est celui d'un vroucolacas.