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Il nous prit fantaisie, un matin, de visiter le monastère de Stavronikitas (σταυρος, croix, νικη, victoire), à deux kilomètres à peu près d'Iveron. L'higoumène nous donna une barque avec deux moines. P. Nyphon et P. Pacôme avaient les bras solides et, en quelques coups d'avirons, ils nous débarquèrent sur une plage fleurie de myrte et de rosiers. Nous gagnâmes de là le monastère à pied. Sa construction, surmontée d'un donjon carré, flanquée de tourillons en culs-de-lampe et surveillée à l'entrée par deux échanguettes haut placées, offre un appareil militaire complet. On nous avait vanté à Kariès les peintures de Stavronikitas, mais le moment de notre visite était mal choisi; presque toutes les églises étaient fermées. On réparait l'intérieur de la cour et il pleuvait des moellons avec accompagnement continu de la scie et du marteau. Ce que nous vîmes de plus surprenant était un moine dormant au milieu de ce vacarme. Après avoir pris à la hâte quelques croquis, un entre autres dans le Catholicon, d'après une belle image de saint Nicolas[21], nous regagnâmes la barque. «Avez-vous vu, nous dit le P. Pacôme, l'image miraculeuse?» Nous ne l'avions pas vue, mais nous n'en eûmes aucun regret, étant déjà habitués à ces exhibitions qui se répètent dans tous les couvents et n'offrent le plus souvent rien de remarquable au point de vue de l'art.