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Le Tour du Monde; Athos

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On a cru voir dans les mosaïques et les fresques des premiers siècles chrétiens une inspiration immédiate, puisée dans les préceptes de la foi nouvelle. Il suffit d'observer attentivement ces compositions pour se convaincre qu'il n'y a dans ces longues figures au type grec, au geste pétrifié et aux draperies régulièrement plissées, qu'une appropriation maladroite des chefs-d'œuvre de l'antiquité aux besoins du nouveau culte. Ce reste de style d'emprunt, et cette maladresse même donnent à ces productions un mélange de science et de naïveté qui étonne et séduit. Y eut-il dès ce temps-là un traité de la peinture religieuse indiquant certaines règles de composition immuables? Cela n'est pas probable ou s'il y en eut un, Manuel Panselinos s'en est souvent écarté, car, le Guide dont les peintres du mont Athos ont chacun un exemplaire entre les mains, est dédié à Manuel Panselinos et semble fait d'après son œuvre. Le peintre moine a donc fait au mont Athos le même travail qu'ont fait les peintres italiens d'après ces mêmes fresques byzantines, exilées en Italie par la querelle des iconoclastes. Il a conservé le style, et s'inspirant de la nature, peut-être même aussi des fragments de la statuaire grecque trouvés sur la montagne, il a donné plus d'ampleur aux contours, de réalité dans l'expression et de poésie dans la conception. Après lui, il y eut une sorte de renaissance qu'on suit jusqu'au dix-septième siècle à travers l'œuvre de peintres inconnus, désignés sur l'Athos sous le nom uniforme de Panselinos[19], et qui se termine à un artiste appelé l'Albanais.

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