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Le Tour du Monde; Athos

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Derrière cette pointe, au fond d'une large baie paisible comme un lac, Salonique[1], ceinte d'un cordon de murs bastionnés, s'étage en amphithéâtre sur les flancs arides du Cortiah. Cette ville, déchue de sa splendeur, a un air de coquetterie surannée assez étrange; ses maisons décrépites, ridées et replâtrées, semblent se pencher complaisamment pour refléter leur image dans la mer; agaceries perdues, car, à part quelques vieux courtisans qui viennent là par habitude chercher les soies de Serrès et le tabac de Yenidjé, la rade est vide. Nulle part le proverbe grec: Là où l'Osmanli met le pied, la terre devient stérile, ne trouverait une application plus juste. Le sol est sans culture, coupé de flaques d'eaux croupissantes, l'air chargé de miasmes putrides. Aussi, pendant les chaleurs de l'été, un grand nombre des habitants, fuyant les fièvres, se retirent à l'ouest de la ville dans un faubourg appelé Kalameria (beaux lieux). De ce côté, en effet, de joyeuses touffes de platanes, groupées selon le caprice des pentes, dessinent le cours du Vardar et respirent la vie, tandis qu'au levant de maigres cyprès cachent mal les cimetières, ce qui indique bien clairement que c'est de là que vient la mort.

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