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Le Tour du Monde; Afrique Orientale

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Le 21 août, les voyageurs traversaient la plaine longitudinale qui, s'inclinant à l'ouest, sépare le Roufouta de la chaîne du Moukondokoua. Le 22, ils étaient frappés de l'un de ces contrastes qui vous surprennent en Afrique, «où il est rare que la beauté et la grâce ne soient pas brusquement remplacées par le hideux et le grotesque. Cette fois de grandes lignes d'azur, brisées par les cimes castellées des rocs, fermaient l'horizon; la plaine, dorée par le soleil, ressemblait à un parc ayant ses feuilles d'automne; des groupes d'indigènes s'occupaient d'agriculture, et quelques-uns de charmer les nuages pour attirer la pluie. Des baobabs, des palmyras, des tamarins, des sycomores[8] s'élevaient du milieu des massifs, entretenus par la rosée; des tourterelles gémissaient sur les branches, des pintades émaillaient la prairie; le pipit babillait dans les chaumes; la plus mignonne, la plus jolie des hirondelles rasait la terre, et opposait son vol rapide aux orbes du vautour. Des bandes de zèbres, des troupeaux d'antilopes regardent curieusement la caravane, et, terrifiés tout à coup, bondissent et s'enfuient comme dans un rêve. Au détour du chemin, nous tombons au milieu d'une masse de roseaux fétides, et le sentier, perçant le fouillis des jungles, traîne ses replis tortueux vers le Myombo, qui vient des highlands du Douthoumi. En sortant d'un hallier, nous trouvons les débris d'un village; les huttes en sont fumantes; le sol est jonché de filets, de tambours, d'ustensiles. Deux spectres, cachés dans les broussailles, errent aux environs de ces ruines, où la veille était leur demeure, et qu'ils n'osent plus visiter: le démon de l'esclavage règne dans cette solitude qu'il a faite.

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