Note Retour au texte principal — VOYAGES ET DÉCOUVERTES AU CENTRE DE L'AFRIQUE.
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Dans la banlieue, de petits villages, des hameaux, des fermes détachées, entourées de murs. Une foire se tient chaque lundi, entre deux de ces bourgades, où l'habitant des provinces de l'est apporte, à dos de bœuf ou de chameau, son beurre et ses grains, surmontés de sa femme qui est perchée sur les sacs; où l'Yédina, ce pirate du Tchad, qui attire les regards par ses traits délicats et sa souplesse, vient avec du poisson séché, de la viande d'hippopotame et des fouets du cuir de cet amphibie. «Les denrées sont abondantes; mais quel tourment et quelle fatigue pour faire ses provisions de la semaine! Pas de numéraire: la bande de coton qui servait autrefois de monnaie a été remplacée par des cauris[9], dont mon ami El-Beshir fait hausser ou tomber le cours au gré de son humeur spéculative, et d'après les besoins de sa collection gymnologique. Le petit fermier ne consent pas à les recevoir, et ne prend pas votre argent. Il faut donc échanger son dollar pour des cauris, acheter une chemise avec ses coquilles, se débattre avec les changeurs, marchander avec les vendeurs, puis troquer la chemise obtenue pour du millet, du froment ou du riz sauvage, rebut des éléphants, et naturellement de très-mauvaise qualité.