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Le Tour du Monde; Afrique Centrale

Note Retour au texte principal — VOYAGES ET DÉCOUVERTES AU CENTRE DE L'AFRIQUE.

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Le fourré devient plus épais, le terrain s'accidente, les fourmilières se multiplient; on descend une rampe abrupte d'environ trente mètres, la végétation change d'aspect, les melons abondent, le dilou, espèce de laurier, domine dans les bois, puis apparaît une euphorbe, assez rare dans le pays, et dont le suc vénéneux sert à empoisonner les flèches. Les plantes parasites se montrent, mais sans vigueur; un lac est rempli de vaches qui viennent s'y baigner à l'ombre des mimosas dont les bords sont couverts, les grandes herbes du sentier arrêtent les chameaux, et la caravane aperçoit à l'horizon les champs du Damerghou[5]. Nos voyageurs passent auprès d'un village où se présente, pour la première fois, ce genre d'architecture qui, à part certaines modifications peu importantes, est le même dans tout le centre de l'Afrique. Entièrement construites avec les tiges du sorgho et celles de l'asclépias géante, les cases de la Nigritie n'ont pas la solidité des maisons de l'Ahir, dont la charpente est formée de branchages et de troncs d'arbres; mais elles sont infiniment plus jolies et plus propres. On est frappé, en les examinant, de l'analogie qu'elles offrent avec les cabanes des aborigènes du Latium, dont Vitruve, entre autres, nous a donné la description. Plus remarquables encore sont les meules de grains, éparses autour des huttes, et qui consistent en d'énormes paniers de roseaux, posés sur un échafaudage de soixante centimètres d'élévation, afin de les protéger contre les souris et les termites.

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