Note Retour au texte principal — VOYAGES ET DÉCOUVERTES AU CENTRE DE L'AFRIQUE.
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«Tembouctou, située à neuf kilomètres du Niger, par dix-huit degrés de latitude nord et très-probablement entre le cinquième et le sixième méridien à l'ouest de Paris, a la forme d'un triangle dont la pointe se dirige vers le désert, et qui s'étendait autrefois à un kilomètre au delà des limites actuelles. Sa circonférence est aujourd'hui de quatre kilomètres et demi; ses anciens remparts détruits par les Foullanes en 1826, n'ont pas été relevés. La cité se compose de rues droites et de rues tortueuses, non pavées, mais dont la chaussée est faite de sable durci; quelquefois un ruisseau en parcourt le milieu. On y trouve neuf cent quatre-vingts maisons en pisé, bien entretenues, et deux cents cases en nattes dans les faubourgs, au nord et au nord-ouest, où sont des monceaux de décombres accumulés depuis des siècles. Plus de traces de l'ancien palais ni de la Casbah; mais trois grandes mosquées, trois petites et une chapelle. Tembouctou se divise en sept quartiers, habités par une population fixe de treize mille âmes, et une population flottante de cinq à dix mille de novembre en janvier, époque de l'arrivée des caravanes. Fondée au commencement du onzième siècle par les Touaregs, sur un de leurs anciens pâturages, Tembouctou appartient au Sonray dans la première moitié du quatorzième. Reprise au milieu du quinzième par ses fondateurs, elle leur est bientôt enlevée par Sonni Ali, qui la saccage, la tire de ses ruines, et y fait affluer les marchands de Ghadamès. Déjà marquée, en 1373, sur les cartes catalanes, non-seulement entrepôt du commerce de sel et d'or, mais centre scientifique[21] et religieux de tout l'ouest du Soudan, elle excite la convoitise de Mulay Ahmed, tombe, en 1592, avec l'empire d'Askia, sous la domination du Maroc, et demeure jusqu'en 1826 au pouvoir des Roumas (soldats marocains établis dans le pays). Viennent ensuite les Foullanes, puis les Touaregs qui chassent les Foullanes en 1844. Mais cette victoire, en isolant Tembouctou des bords du fleuve, amène la famine. Un compromis a lieu, en 1848, par l'entremise d'El Bakay: les Touaregs reconnaissent la suprématie nominale des Foullanes, qui ne peuvent tenir garnison dans la ville; les impôts y sont perçus par deux cadis: l'un Sonray, l'autre Foullane; et le gouvernement (ou plutôt la police) est confié à deux maires sonrays, comprimés à la fois par les Foullanes et les Touaregs, entre lesquels se place l'autorité religieuse, représentée par le cheik, Rouma d'origine.