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Le Tour du Monde; Afrique Centrale

Note 6 — ERRATA.

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Note 6: La population fixe de Kano (environ trente mille habitants), se compose de Haoussaoua, de Kanouris ou Bornouens, de Foullanes et de gens de Noupé. On y trouve beaucoup d'Arabes de janvier en avril, époque où la population s'élève à soixante mille âmes par l'afflux des étrangers.—Le principal commerce de Kano consiste en étoffes de coton vendues sous forme de tobé, espèce de blouse; de turkédi, longue écharpe, ou draperie bleu foncé, dont les femmes s'enveloppent; de zenné, sorte de plaid aux couleurs voyantes; de litham noir dont les Touaregs se voilent le bas de la figure; produits qui s'écoulent, au nord jusqu'à Mourzouk, Ghat et même Tripoli; à l'ouest jusqu'à l'Atlantique en passant par Tombouctou; à l'est dans tout le Bornou, y faisant concurrence à l'industrie indigène, tandis qu'au sud ils envahissent l'Adamaoua, et n'ont de limites que la nudité des nègres. On exporte de ces tissus pour trois cents millions de cauris, et l'on comprendra l'importance de cette somme quand on saura qu'avec cinquante mille de ces coquilles une famille entière peut vivre et s'habiller pendant un an. Ajoutons que le Haoussa est l'une des régions les plus fertiles de la terre, et sa population l'une des plus heureuses du globe, toutes les fois que son gouvernement est assez énergique pour la protéger contre ses voisins.—La province de Kano compte cinq cent mille habitants (moitié esclaves, moitié hommes libres). Le gouverneur peut mettre sur pied sept mille chevaux (il en a levé jusqu'à dix mille), et vingt mille fantassins.—Son revenu se compose, outre les présents qu'il reçoit des étrangers, d'un impôt foncier de deux mille cinq cents cauris (cinq francs) par famille, et d'une taxe de sept cents cauris par cuve de teinture, qui sont au nombre de plus de cinq mille à Kano seulement. Son autorité n'est pas absolue. À part le droit d'appel de ses décisions à l'émir de Sokato, si toutefois la plainte peut arriver jusque-là, il est assisté d'un conseil dont il est obligé de prendre l'avis dans toutes les affaires importantes. Ce conseil est formé du ghaladina, ou vizir, qui le préside et qui est parfois plus puissant que le gouverneur lui-même, du maître des écuries, charge importante dans ces contrées barbares, du commandant militaire, du chef de la justice, de celui des esclaves, du trésorier et du maître des bœufs, espèce d'intendant chargé du matériel de guerre (le bœuf étant la bête de somme du pays).—La classe élevée est arrogante, l'étiquette de la cour très-sévère; les Foullanes qui, peu à peu, ont envahi la province et ont fini par s'en rendre maîtres, épousent les jolies filles de la nation conquise, mais ne donnent pas les leurs aux vaincus.[Retour au texte principal.]

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