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Le temple enseveli

Note 2 — LA CHANCE

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Les malheurs des Stuarts sont suffisamment connus ; ceux des Coligny sont moins populaires. Les voici tels que les met en bonne lumière l’auteur déjà cité : « Maréchal de France sous François Ier, Gaspard de Coligny avait épousé la sœur du connétable Anne de Montmorency. On lui reprocha d’avoir différé d’une demi-journée d’attaquer Charles-Quint, comme il pouvait le faire avec avantage, et manqué ainsi une occasion presque certaine de le vaincre. L’un de ses fils, archevêque et cardinal, embrassa le protestantisme, et se maria en soutane rouge. Il combattit à la bataille de Saint-Denis contre le roi, se sauva en Angleterre, où il fut empoisonné par un de ses domestiques en 1571. Échappé cependant à cette tentative, il voulut rentrer en France ; mais, pris à la Rochelle, il fut condamné à mort et exécuté. L’amiral de Coligny, frère du cardinal, passait pour un des premiers capitaines de son siècle ; il fit des prodiges à la défense de Saint-Quentin. Toutefois, la place ayant été forcée, il resta prisonnier de guerre. Devenu, sous le prince de Condé, le véritable chef des calvinistes, il déploya un courage à toute épreuve, montra un esprit fertile en ressources, et personne ne mit en doute ni son mérite, ni son habileté militaire ; et cependant, il fut constamment malheureux dans ses entreprises. En 1562, il perdit la bataille de Dreux contre le duc de Guise, celle de Saint-Denis contre le connétable de Montmorency, et, enfin, celle de Jarnac, qui fut également fatale à son parti. Vaincu encore à Moncontour, dans le Poitou, son courage, néanmoins, ne fut jamais ébranlé ; il sut réparer par son habileté les trahisons de la fortune, et parut plus redoutable après ses défaites, que ses ennemis au milieu de leurs victoires. Souvent blessé, mais toujours inaccessible à la crainte, il dit un jour tranquillement à ses amis qui pleuraient en voyant son sang couler à flots : Le métier que nous faisons ne doit-il pas nous accoutumer à la mort comme à la vie ? Peu de jours avant la Saint-Barthélemy, Maurevert lui tira un coup de carabine d’une maison du cloître Saint-Germain-l’Auxerrois, et le blessa dangereusement à la main droite et au bras gauche. On sait que, la veille de cette sanglante journée, Besme, à la tête d’une troupe de sicaires, pénétra chez l’amiral, le perça de plusieurs coups, et le jeta par la fenêtre dans la cour de sa maison, où, dit-on, il rendit le dernier soupir aux pieds du duc de Guise. Exposé pendant trois jours aux insultes de la populace, son corps fut enfin pendu par les pieds au gibet de Montfaucon.

Ainsi, quoique l’amiral de Coligny passât pour le plus grand capitaine de son temps, il fut toujours malheureux, toujours vaincu ; tandis que le duc de Guise, son rival, moins prudent mais plus hardi, plus confiant surtout dans sa destinée, sut étonner ses ennemis et se rendre maître des événements. « Coligny était honnête homme, dit l’abbé de Mably ; Guise avait le masque d’un plus grand nombre de vertus. Coligny était détesté de la foule, le duc de Guise en était l’idole. » On rapporte que l’amiral de Coligny laissa un journal que Charles IX lut avec intérêt, mais que le maréchal de Retz fit jeter au feu. Enfin, une fatale destinée s’attachant à tout ce qui portait le nom de Coligny, le dernier descendant de cette famille fut tué en duel par le chevalier de Guise.

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