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Le songe d'une nuit d'été

Note (retour) — ACTE DEUXIÈME

François Guizot translation

OBERON.—Eh bien! dans le temps, je vis (mais tu ne pus le voir, toi) Cupidon tout armé20 voler entre la froide lune et la terre: il visa au coeur d'une charmante Vestale, assise sur un trône d'Occident; il décocha de son arc un trait d'amour bien acéré, comme s'il eût voulu percer d'un seul coup cent mille coeurs. Mais je vis la flèche enflammée du jeune Cupidon s'éteindre dans les humides rayons de la chaste lune, et la prêtresse couronnée, le coeur libre, continua sa marche, plongée dans ses pensées virginales21. Je remarquai où vint tomber le trait de Cupidon; il tomba sur une petite fleur d'Occident.—Auparavant elle était blanche comme le lait, depuis elle est pourpre par la blessure de l'amour; et les jeunes filles l'appellent pensée22: va me chercher cette fleur. Je te l'ai montrée une fois. Son suc, exprimé sur les paupières endormies d'un homme ou d'une femme, les rend amoureux fous de la première créature vivante qui s'offre à leurs regards. Apporte-moi cette fleur, et sois revenu ici avant que le Léviathan ait pu nager une lieue.

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