← Table of contents
Le sentiment religieux

Note 58 — II

Reading edition

A l’exemple illustre de Pascal, joignons-en un plus modeste. Un jour Ami Bost propose à sa petite fille, tout d’un coup et sans occasion particulière, d’aller prier ensemble un moment. « Elle vint. Quand nous eûmes fini : « Papa ! quand je ne prie pas, je n’aime pas ; et quand je prie, j’aime. » Je vis que cette petite créature, tout en m’obéissant pour venir prier, avait d’abord été un peu ennuyée de mon invitation ; puis, une fois la prière en train, elle y avait trouvé de la jouissance. Quelle observation importante et vraie que celle-là ! Celui qui ne sait pas se forcer à la prière, s’il le faut, trouvera toujours plus de répugnance à cet exercice ; celui au contraire qui saura surmonter cette répugnance finira par y trouver de la douceur. N’attendez donc pas que le zèle vous arrive de lui-même… » « Heureux sommes-nous quand nous éprouvons de l’attrait ; mais quand il nous manque, bien loin de céder à cette langueur, cette langueur même est une raison de plus pour que nous priions. » — Déjà l’Imitation de Jésus-Christ blâmait ceux qui s’éloignent de la sainte communion « par un désir trop vif de la ferveur sensible ». — « Le progrès de la vie spirituelle, disait-elle, ne consiste pas seulement à jouir des consolations de la grâce, mais à en supporter la privation avec humilité, avec abnégation, avec patience, de sorte qu’alors on ne se relâche point… C’est à Dieu de consoler, et de donner quand il veut, autant qu’il veut et à qui il veut, comme il lui plaît, et non davantage. »

Return to II
Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings