Note 20 — I
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C’est ce que reconnaissent, au moins en partie, des théologiens tels que Jalaguier, Gretillat, Paul Chapuis, Rade. — Voyez, par exemple, ces lignes de Jalaguier : « N’oublions pas que l’idée du bien et du mal, du juste et de l’injuste est une des données primitives de la raison et du cœur ; on conçoit dès lors qu’elle se maintienne là même où l’idée du monde invisible s’est obscurcie ou éteinte. Aussi voyons-nous dans les temps anciens des morales sans religion chez plusieurs philosophes (Épicuriens), comme chez les peuples des religions sans morale (Paganisme). Et dans les temps modernes, certains disciples de Kant ont été jusqu’à exclure la pensée de Dieu de la pratique du bien, pour que la vertu reste pure, selon la notion qu’ils s’en forment. » (Introduction à la dogmatique, p. 12-13.). — Voyez ces lignes de Gretillat : « Les deux termes morale et religion, qui s’appellent, ne se couvrent pas l’un l’autre ; ils se rapportent à deux activités de l’âme humaine, distinctes, mais indispensables l’une à l’autre ; indispensables l’une à l’autre, mais distinctes… La distinction de la morale et de la religion doit être cherchée dans leur objet… qui est idéal pour la morale et personnel pour la religion… Devant celui qui prétendrait les confondre, nous invoquerions l’usage des langues les plus cultivées de l’humanité qui, en maintenant depuis des siècles et des milliers d’années la dualité des deux termes, suppose la distinction des deux choses signifiées. » (Morale chrétienne, t. 1, p. 269, 272-273.) — Voyez ces lignes de Paul Chapuis : « Nous reconnaissons que dans l’histoire les deux forces (morale et religion) sont deux lignes qui tour à tour se distinguent, se touchent ou s’éloignent jusqu’à ce que dans l’œuvre du Christ elles se pénètrent et s’identifient. » (Revue de Lausanne, 1897, p. 420-421.) — Enfin, voyez ces lignes de Rade, dans une étude sur le christianisme et la religion morale : « La Religion et la Morale sont certainement des choses foncièrement différentes (gewiss sind Religion und Moral grundverschiedene Dinge), mais c’est précisément le trait distinctif du christianisme du Christ, qu’en lui elles sont indissolublement unes. » (Christliche Welt, no 40, 1er octobre 1896.)