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Le Roman Comique

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

Reading edition

e Destin avec l'Olive allèrent le lendemain chez le prêtre, que l'on appeloit M. le prieur 367 de Saint-Louis (qui est un titre, plutôt honorable que lucratif, d'une petite eglise qui est située dans une île que fait la rivière de Sarthe entre les ponts d'Alençon), pour le remercier de ce que par son moyen ils avoient évité le plus grand malheur qui leur pût jamais arriver, et qui ensuite les avoit mis dans un parfait repos, puisqu'ils n'avoient plus rien à craindre après la mort funeste du miserable Saldagne, qui continuoit toujours à les troubler. Vous ne devez pas vous etonner si les comediens et comediennes de cette troupe avoient reçu le bienfait d'un prêtre, puisque vous avez pu voir dans les aventures comiques de cette illustre histoire les bons offices que trois ou quatre curés leur avoient rendus dans le logis où l'on se battoit la nuit, et le soin qu'ils avoient eu de loger et garder Angelique après qu'elle fut retrouvée, et autres que vous avez pu remarquer et que vous verrez encore à la suite. Ce prieur, qui n'avoit fait que simplement connoissance avec eux, fit alors une fort etroite amitié, en sorte qu'ils se visitèrent depuis et mangèrent souvent ensemble. Or, un jour que M. de Saint-Louis etoit dans la chambre des comediennes (c'étoit un vendredi, que l'on ne representoit pas 368) le Destin et l'Etoile prièrent la Caverne d'achever son histoire. Elle eut un peu de peine à s'y resoudre, mais enfin elle toussa trois ou quatre fois et cracha bien autant; l'on dit qu'elle se moucha aussi et se mit en etat de parler, quand M. de Saint-Louis voulut sortir, croyant qu'il y eût quelque secret mystère qu'elle n'eût pas voulu que tout le monde eût entendu; mais il fut arrêté par tous ceux de la troupe, qui l'assurèrent qu'ils seroient très aises qu'il apprît leurs aventures. «Et j'ose croire, dit l'Etoile (qui avoit l'esprit fort eclairé), que vous n'êtes pas venu jusqu'à l'âge où vous êtes sans en avoir eprouvé quelques-unes; car vous n'avez pas la mine d'avoir toujours porté la soutane.» Ces paroles demontèrent un peu le prieur, qui leur avoua franchement que ses aventures ne rempliroient pas mal une partie de roman, au lieu des histoires fabuleuses que l'on y met le plus souvent. L'Etoile lui repartit qu'elle jugeoit bien qu'elles etoient dignes d'être ouïes, et l'engageaà les raconter à la première requisition qui lui en seroit faite; ce qu'il promit fort agreablement. Alors la Caverne reprit son histoire en cette sorte:

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