Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Ce discours, qui devoit obliger Saldagne à rentrer en lui-même, ne servit qu'à lui redoubler sa rage et à lui faire prendre d'etranges resolutions, qu'il dissimula en presence de Verville, et qu'il tâcha depuis à executer. Il se depêcha de guerir, et sitôt qu'il fut en etat de pouvoir monter à cheval il prit congé de Verville, et à même temps il prit le chemin du Mans, où il croyoit trouver la troupe; mais ayant appris qu'elle en etoit partie pour aller à Alençon, il se resolut d'y aller. Il passa par Vivain, où il fit repaître ses gens et trois coupe-jarrets qu'il avoit pris avec lui 362. Quand il entra au logis du Coq-Hardi, où il mit pied à terre, il entendit une grande rumeur: c'etoient les marchands de toile, qui, etant allés au marché à Beaumont, s'etoient aperçus du larcin que leur avoit fait la Rancune, et etoient revenus s'en plaindre à l'hôtesse, qui, en criant bien fort, leur soutenoit qu'elle n'en etoit pas responsable, puisqu'ils ne lui avoient pas baillé leurs balles à garder, mais les avoient fait porter dans leurs chambres; et les marchands repliquoient: «Cela est vrai; mais que diable aviez-vous affaire d'y mettre coucher ces bateleurs? car, sans doute, c'est eux qui nous ont volés.--Mais, repartit l'hôtesse, trouvâtes-vous vos balles crevées, ou les cordes defaites?--Non, disoient les marchands; et c'est ce qui nous etonne, car elles etoient nouées comme si nous-mêmes l'eussions fait!--Or, allez vous promener!» dit l'hôtesse. Les marchands vouloient repliquer, quand Saldagne jura qu'il les battroit s'ils menoient plus de bruit. Ces pauvres marchands, voyant tant de gens, et de si mauvaise mine, furent contraints de faire silence, et attendirent leur depart pour recommencer leur dispute avec l'hôtesse.