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Le Roman Comique

Note 205 — ROMAN COMIQUE

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Note 205: (retour) Cela, du reste, avoit déjà été fait ou tenté avec plus ou moins de bonheur, et pas aussi rarement qu'on le croit; mais, au moment où écrivoit Scarron, ces règles étoient dans toute leur puissance, quoiqu'elles ne l'aient jamais beaucoup gêné lui-même. Dans notre vieux théâtre, il n'étoit guère question des unités de temps et de lieu, qu'on s'est long-temps obstiné à regarder comme des règles imposées par Aristote. En 1597, Pierre de Laudun d'Aigaliers, dans sa Poétique, argumente en forme contre les vingt-quatre heures, et F. Ogier fait de même, en 1628, dans la préface du Tyr et Sidon de Schelandre. En 1625, Mairet, en tête de Silvanire, ne plaidoit que fort timidement encore pour les deux unités, se bornant à en prouver la convenance, sans vouloir en imposer la domination absolue. Lui-même attachoit si peu d'importance réelle à ce demi-manifeste, qu'il fut loin de les observer toujours. Mais, un jour, Chapelain, le grand arbitre du goût, se plaignant devant Richelieu des difficultés que la règle des vingt-quatre heures avoit à s'établir, on décida, sous l'inspiration du cardinal, tyran dans les lettres comme dans la politique, qu'elle auroit désormais force de loi. On a dit et répété,--de sorte que cette assertion est devenue un lieu commun littéraire,--que la Sophonisbe de Mairet (1629) est la première où elle fut observée; mais, en y regardant de près, on arrive à concevoir au moins quelques doutes, et, pour l'unité de lieu, elle n'y est certainement pas encore. Il seroit plus juste de substituer à la Sophonisbe l'Amour tyrannique de Scudéry. Ces lois arbitraires furent assez long-temps à s'établir, même après la décision de Richelieu, comme on peut le voir, pour l'unité de lieu, par plusieurs pièces de Rotrou, par le Ravissement de Proserpine, de Claveret (1639), le Jugement de Pâris, de Sallebray (1639), etc.;--pour l'unité de temps, par les batailles en forme que lui livrèrent Claveret, dans son Traité de la disposition du poème dramatique; Durval, dans la préface de sa Panthée (1638), etc. En outre, on peut facilement trouver dans notre ancien théâtre des exemples nombreux de toutes les formes du drame moderne alliées à toutes les licences anti-aristotéliques. Nous renvoyons le lecteur curieux d'étudier cette question à un travail étendu que nous publierons prochainement sur les Origines du drame moderne V. aussi Rom. com., 3e part., ch. 13, à la fin.

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