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Le Roman Comique

Note (retour) — ROMAN COMIQUE

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eux qui auront eu assez de temps à perdre pour l'avoir employé à lire les chapitres precedents doivent sçavoir, s'ils ne l'ont oublié, que le curé de Domfront etoit dans l'un des brancards qui se trouvèrent quatre de compagnie dans un petit village, par une rencontre qui ne s'etoit peut-être jamais faite. Mais, comme tout le monde sait, quatre brancards se peuvent plutôt rencontrer ensemble que quatre montagnes. Ce curé donc, qui s'etoit logé dans la même hôtellerie de nos comediens, fit consulter sa gravelle par les medecins du Mans, qui lui dirent en latin fort elegant qu'il avoit la gravelle (ce que le pauvre homme ne savoit que trop), et, ayant aussi achevé d'autres affaires qui ne sont pas venues à ma connoissance, il partit de l'hôtellerie sur les neuf heures du matin pour retourner à la conduite de ses ouailles. Une jeune nièce qu'il avoit, habillée en demoiselle 153, soit qu'elle le fût ou non, se mit au devant du brancard, aux pieds du bonhomme, qui etoit gros et court. Un paysan, nommé Guillaume, conduisoit par la bride le cheval de devant, par l'ordre exprès du curé, de peur que ce cheval ne mît le pied en faute; et le valet du curé, nommé Jullian, avoit soin de faire aller le cheval de derrière, qui etoit si retif que Jullian etoit souvent contraint de le pousser par le cul. Le pot de chambre du curé, qui etoit de cuivre jaune, reluisant comme de l'or parcequ'il avoit été ecuré dans l'hôtellerie, etoit attaché au côté droit du brancard, ce qui le rendoit bien plus recommandable que le gauche, qui n'etoit paré que d'un chapeau dans un étui de carte 154, que le curé avoit retiré du messager de Paris pour un gentilhomme de ses amis qui avoit sa maison auprès de Domfront.

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