Note (retour) — ROMAN COMIQUE
Reading edition
Maintenant procédons par ordre, et avec un peu plus de détails. L'Amante invisible (Rom. com., I, 9) est simplement traduite, avec intercalation de quelques phrases burlesques, de la troisième nouvelle des Alivios de Cassandra, intitulée: Los Efectos que haze Amor. Que le sujet de cette nouvelle soit ou ne soit pas de Solorzano lui-même, je n'ai point à m'en préoccuper ici. Quoique la littérature espagnole compte à bon droit parmi les plus originales de l'Europe, il n'en est pas moins vrai que Solorzano, et beaucoup de ses contemporains, Cervantes, Salas Barbadillo, Juan de Timoneda, Tirso de Molina, etc., avoient largement puisé dans les productions de l'Italie. Mais il me suffit d'avoir retrouvé l'origine immédiate, sans vouloir remonter à l'origine primitive: la question des sources premières en littérature est encore plus incertaine et plus obscure que celle des sources du Nil.--Il est possible, probable même, que le théâtre espagnol, qui a touché à tous les sujets, et à qui celui-là devoit particulièrement plaire, l'ait également traité. Du reste, Calderon a fait la Dama duende (1629), imitée par Douville sous le titre analogue de l'Esprit follet (1642) 32, où on trouve, il faut l'avouer, fort peu de ressemblance, sauf en un ou deux points de minime importance, avec la nouvelle de Scarron 33. Calderon a fait également, en 1635, el Galan fantasma; Lope, la Discreta enamorada; enfin, Tirso de Molina, la Celosa de si misma, dont les titres sont en rapport avec celui de l'Amante invisible.