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Le roman bourgeois

Note 61 — LIVRE PREMIER (continued 3)

Reading edition

C'étoit un grand luxe alors. Les primeurs surtout étoient du plus haut prix. On peut lire à ce sujet le Jardinier français de Bonnefonds, valet de chambre du Roy, Paris, 1651, in-12. Dans la comédie de de Visé, les Côteaux ou les Friands marquis, jouée en 1665, l'un des personnages ne veut manger les petits pois qu'à cent francs le litron. Encore étoit-ce peu; d'après une Vie de Colbert, imprimée en 1693, on alloit jusqu'à cinquante écus. C'était une fureur. «Le chapitre des pois dure toujours, écrit madame de Maintenon sous la date du 10 mai de cette même année 1696; l'impatience d'en manger, le plaisir d'en avoir mangé et la joie d'en manger encore sont les trois points que nos princes traitent depuis quatre jours. Il y a des dames qui, après avoir soupé avec le roi, et bien soupé, trouvent des pois chez elles pour manger avant de se coucher, au risque d'une indigestion. C'est une mode, une fureur, et l'une suit l'autre.» Dans les cadeaux, fête qu'un amant donnoit à sa maîtresse (V. Ecole des maris, acte I, sc. 1), les petits pois étoient de rigueur.

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