Note (retour) — ACTE DEUXIÈME
François Guizot translation
LE BATARD--Par le ciel, ces canailles d'Angers se raillent de vous, rois; ils se tiennent dans leurs retranchements comme sur un théâtre d'où ils peuvent loger à leur aise et montrer au doigt vos laborieux spectacles et vos scènes de mort. Que vos royales majestés se laissent gouverner par moi; imitez les mutins de Jérusalem 11, sachez être amis un moment, et diriger de concert contre cette ville tous vos plus terribles moyens de vengeance. Que du levant et du couchant, la France et l'Angleterre pointent les canons de leurs batteries chargés jusqu'à la gueule; et que leurs épouvantables clameurs fassent écrouler avec fracas les flancs pierreux de cette orgueilleuse cité. Je voudrais agir sans relâche contre ces misérables bourgeois, jusqu'à ce que la désolation de leurs murailles en ruine les laissât aussi nus que l'air ordinaire; cela fait, divisez vos forces unies et que vos enseignes confondues se séparent de nouveau; tournez-vous face contre face, et le fer sanglant contre le fer: la fortune aura bientôt choisi d'un côté son heureux favori, à qui pour première faveur elle accordera l'honneur de la journée et le baiser d'une glorieuse victoire. Comment goûtez-vous ce bizarre conseil, puissants souverains? ne sent-il pas un peu sa politique?