Note (retour) — PREMIÈRE JOURNÉE.
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Au grand étonnement de sa merveilleuse soubrette, madame de Blanchemont n'hésita pas à s'en accommoder. Elle prit quelques paquets de première nécessité, remit les clefs de sa calèche et de ses malles à l'aubergiste, et partit dans la patache classique, ce respectable témoignage de la simplicité de nos pères, qui devient chaque jour plus rare, même dans les chemins de la Vallée-Noire. Celle que Marcelle eut la mauvaise chance de rencontrer était de la plus pure fabrication indigène, et un antiquaire l'eût contemplée avec respect. Elle était longue et basse comme un cercueil; aucune espèce de ressort ne gênait ses allures; les roues, aussi hautes que la capote, pouvaient braver ces fossés bourbeux qui sillonnent nos routes de traverse et que le meunier avait bien voulu qualifier d'ornières, sans doute par amour-propre national; enfin, la capote elle-même n'était qu'un tissu d'osier confortablement enduit, à l'intérieur, de bourre et de terre gâchée dont chaque cahot un peu accentué détachait des fragments sur la tête des voyageurs. Un petit cheval entier, maigre et ardent, traînait assez lestement ce carrosse champêtre, et le patachon, c'est-à-dire le conducteur, assis de côté sur le brancard, les jambes pendantes, vu que nos pères trouvaient plus commode d'approcher une chaise pour monter en voiture que de s'embarrasser les jambes dans un marchepied, était le moins étouffé et le moins compromis de la caravane. Il existe peut-être encore dans notre pays deux ou trois pataches de ce genre chez de vieux campagnards riches qui n'ont pas voulu déroger à leurs habitudes, et qui soutiennent que les voitures suspendues donnent des mâsés1, c'est-à-dire des engourdissements dans les mollets.