Note 251 — LE SIXIÈME ARTICLE.
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Le château de Melun, et par suite la partie de la ville située du côté du Gâtinois, furent livrés aux Navarrois et Anglois par la reine Blanche le 4 août 1358, quatre jours après la mort d’Est. Marcel et la rentrée du Régent à Paris, mais la partie de la ville située en Brie resta françoise, et messire Jean d’Andresel étoit dès le même mois d’août capitaine pour le Régent (depuis Charles V) de Melun et de Brie (J. Reg. 86, 219.—Secousse, II, 89). Il paroît avoir d’abord partagé la défense de cette partie de la ville avec le premier maréchal Boucicaut qu’on voit (J. Reg. 86, 458) avoir fait abattre des maisons pour fortifier cette portion de Melun en août 1358. Il est probable que M. d’Andresel étoit sous ses ordres à cette époque.
Les circonstances désastreuses où se trouvoit alors la France ne permirent pas au Régent d’assiéger, au moins immédiatement, le château de Melun, quoique sa garnison anglo-navarroise génât beaucoup l’approvisionnement de Paris. Jean d’Andresel dut se borner à garantir la partie de la ville restée françoise, et autant que possible le reste de la Brie, des attaques de cette garnison. En juin 1359, le régent ayant reçu des États assemblés à Paris les moyens de résister plus efficacement à l’ennemi, se rendit en personne à Melun (Chron. de Saint-Denis, CXII), et fit fortifier l’abbaye du Lys. C’est alors que, suivant le carme Jean de Venette continuateur de Nangis, Froissart, Cuvelier et Villani (cité par Secousse, I, 383), Melun auroit été assiégé dans les formes par le Régent. Le silence que garde sur ce siége la Chronique de Saint-Denis rédigée pour cette époque par Pierre d’Orgemont avec une admirable précision, donne tout lieu de douter de l’exactitude du récit de Froissart, et surtout de la narration romanesque de Cuvelier. Il paroît bien probable que ce siége ne fut qu’une espèce de blocus levé peu de temps après, le Régent ayant quitté l’armée le 31 juillet par suite des propositions de paix du roi de Navarre, et le traité ayant été signé le 21 août. Au reste, malgré la conclusion de la paix, les Navarrois occupoient encore Melun en septembre 1359. Jean de Venette qui prétend que cette ville fut immédiatement évacuée ne peut balancer à cet égard le témoignage formellement contraire de Pierre d’Orgemont, mais on peut toujours induire de son assertion que cette prolongation d’occupation ne fut pas de longue durée.
D’après ce qui précède, il faut placer la curieuse aventure racontée par l’auteur du Ménagier, entre août 1358 et septembre ou octobre 1359. Peut-être même pourroit-on remarquer qu’il est difficile de penser que le sire d’Andresel ait eu avant la cessation des hostilités le loisir ou le désœuvrement qu’on lui attribue dans ce récit, et ait pu sans crainte abandonner son commandement pour aller dîner chez lui à quatre lieues de Melun. Il sembleroit alors qu’on devroit placer cette aventure entre le départ de Charles V et l’évacuation de Melun, c’est-à-dire du 1er août 1359 à septembre ou octobre suivant.