Note 1595 — LE DEUXIÈME ARTICLE[1410] DE LA TROISIÈME DISTINCTION,
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Il y a eu quelques exemples d’aigles dressés pour la chasse, mais on n’a jamais fait un emploi suivi de ces oiseaux. Gaces de La Bugne parle d’une espèce d’aigle qu’il appelle milion (qui paroît être l’aigle fauve à marque blanche sur la tête), qui prenoit la grue et l’oie sauvage (f. X vj). Il dit que cet oiseau étoit rare en France, et le regardant comme une curiosité plutôt que comme un oiseau utile, il s’écrie que ne desplaise au milion. Il n’est vol ne mès de faulcon (L. V). L’illustre connétable Olivier de Clisson avoit un milion dressé qu’il légua au vicomte de Rohan, son gendre. (Voyez le mot Milio dans Du Cange où ce mot est mal traduit par milan. Le milan n’a jamais pu être dressé et n’a jamais été redoutable aux faucons comme le dit l’empereur Frédéric II, l. II, ch. LXIX du Milion, associé par lui à l’aigle et au vautour.) Tardif qui compila un Traité de fauconnerie à la fin du XVe siècle, s’est assez étendu sur le vol de l’aigle, mais on ne sauroit conclure de son ouvrage purement théorique et traduit en partie d’auteurs orientaux que l’aigle fût communément employé de son temps en France par les fauconniers. Guillaume Bouchet, qui écrivoit en 1567, dit que le poids de l’aigle étoit cause que les fauconniers des princes en dressoient rarement, et d’Arcussia (Convy, p. 28 et XVe lettre de Philoïerax) raconte des essais faits de son temps pour dresser des aigles. L’aigle n’a donc jamais été employé habituellement dans la fauconnerie. Quant au griffon, ce mot désigne sans doute le gerfaut, ainsi nommé dans Marc-Paule et le plus gros des oiseaux de leurre; je serois au reste tenté de croire que l’auteur parle ici d’après des récits exagérés ou fabuleux de chasses faites en pays étrangers.