Note 1587 — LE DEUXIÈME ARTICLE[1410] DE LA TROISIÈME DISTINCTION,
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Leurre, instrument en osier en forme de fer à cheval allongé qu’on recouvroit des ailes de l’oiseau ou de la peau du quadrupède (lièvre ou lapin), qu’on vouloit accoutumer l’oiseau de proie à voler. (Voy. les planches de l’Encyclopédie, pl. 12, fig. 4). On plaçoit la viande destinée à la nourriture de l’oiseau sur le leurre, et il s’y paissoit. Il en résultoit qu’il connoissoit le leurre et qu’il revenoit à son maître dès que celui-ci l’appeloit en tournant cet instrument: c’est ce qu’on appeloit leurrer. Les oiseaux, ainsi dressés (le faucon, le gerfaut, le lanier, le sacre, le hobereau et l’émerillon étoient seuls susceptibles d’être dressés au leurre), suivoient les chiens pendant la quete en volant et fondoient sur leur proie aussitôt qu’elle se levoit, à la différence des oiseaux de poing (autour et épervier), qui restoient sur le poing de leur maître jusqu’à ce que les chiens eussent fait lever le gibier. Les oiseaux de leurre ou de haute volerie étoient en outre seuls propres à certains vols, tels que ceux du héron, du milan, etc. Huber, dans son excellent ouvrage (malheureusement trop abrégé et sorte de prospectus d’un autre plus étendu qu’il comptoit composer) sur le vol des oiseaux de proie, a décrit d’une manière bien remarquable les différens moyens employés par ces deux espèces d’oiseaux en conséquence de la forme de leurs ailes, et partant de ce principe fondamental que les anciens fauconniers n’ont pas connu, il appelle les premiers rameurs et les seconds voiliers. L’instruction de ces deux espèces d’oiseaux devoit donc différer, et en effet celle des premiers constituoit l’art de la fauconnerie et celle des autres l’autourserie; les langues de ces deux arts, comme leurs principes eux-mêmes, présentoient de notables différences qu’on peut voir dans d’Arcussia, p. 176, et dans le Veritable Fauconnier de Morais, p. 9 et 115. Une des principales étoit que les oiseaux de leurre étoient chaperonnés, tandis que ceux de poing ne l’étoient pas. Ces derniers mangeoient sur le poing de leurs maîtres, les premiers sur le leurre, etc.