Note 1052 — DE LA DEUXIÈME DISTINCTION LE QUINT ARTICLE (continued 2)
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Il est parlé du craspois ou graspois dans bien des auteurs du moyen âge, mais il n’y a à ma connoissance que l’auteur du Ménagier qui fasse connoître ce que c’étoit. Un procès qui dura plusieurs années au parlement de Paris et qui étoit relatif à sept étaux, dont cinq à sèches et deux à craspois que le roi possédoit aux halles de Paris, nous apprend que le craspois ne venoit à Paris qu’en carême: c’étoit le lard de carême, le poisson des pauvres; quarante mille personnes vivoient pendant le carême de craspois, de sèches et de harans. Ces poissons étoient vendus par environ mille pauvres marchandes, à qu’il étoit seulement défendu de se tenir sous le couvert des halles où étoient les grands étaux (Plaid. civiles, 7, 12, 14 et 19 mars 1380-1, 1er mars 1383-4; Jugés, XXXII, p. 93).
Belon ne nomme pas le craspois, mais il confirme cependant l’explication du Ménagier. «Ce poisson, dit-il en parlant de la baleine, est couvert de cuir noir dur et espez sous lequel y a du lard environ l’esposseur d’un grand pied, qui est ce que l’on vend en quaresme.»
Legrand d’Aussy qui a parlé avec détail de la baleine salée comme nourriture maigre des pauvres, d’après Charles Estienne (II, 83), a ignoré que le craspois fût le nom de cet aliment. Au reste, l’auteur du Trésor de santé dit que la baleine salée, quoique cuite pendant vingt-quatre heures, étoit toujours fort dure et indigestible.