Note 86 — LE GIBET DE MONTFAUCON
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A cette seconde exposition, qui eut lieu le 27 octobre 1572, c’est-à-dire deux mois après la Saint-Barthélemy, on pendit en Grève, comme complices de Coligny, Briquemaut, vieux soldat protestant, et Cavagnes, maître des requêtes.
Cavagne et Briquemaut, signalés du cordeau,
comme dit d’Aubigné en ses Tragiques, et qui dans son Histoire universelle décrit ainsi leur supplice: Au passage de l’arrêt qui dégradait de noblesse ses enfants, les déclarant infâmes et roturiers, le vieux Briquemaut «s’escria et voulut promettre des services particuliers au Roi pour allonger sa vie; Cavagnes (qui se fortifioit par sentences des Psaumes) releva Bricmaut en la gloire de ses actions, et, l’aïant rendu honteux de sa peur, les deux furent trainez sur des clies, et le peuple les poursuivit et couvrit de fanges et d’oprobres. Si tost qu’ils eurent esté pendus (sans avoir égard à leurs qualitez), on leur osta premièrement leurs chemises et parties honteuses, pour les faire en tout compagnons de l’amiral, de qui lors fut présentée et exécutée l’éfigie de paille, sans y oublier un cure-dent en la bouche. Le Roi, qui voullut voir ce plaisir des fenestres de la maison de ville, contraignit le Roi de Navarre di estre présent.»
«Comme il faisoit nuit à l’heure de l’exécution, dit Brantôme, le roi fit allumer des flambeaux et les fit tenir près de la potence, pour mieux voir mourir les condamnés et contempler mieux leurs visages et contenances.»
P. G. Daniel, Histoire de France, t. X, p. 500 et 605.—La Ponneraye, Histoire de l’amiral Coligny (1830, 1 vol. in-8), p. 255.—P. de l’Estoile, Journal, t. I, p. 77.—D’Aubigné, Histoire universelle (1620, 3 vol. in-fol.), t. II, liv. 1ᵉʳ, p. 32.—Les Tragiques (1 vol. in-12, 1857 [collection elzevirienne]), p. 154.—Sauval, t. II, p. 589.—Brantome, Histoire des Hommes illustres.