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Le gibet de Montfaucon (étude sur le vieux Paris)

Note 1 — LE GIBET DE MONTFAUCON

Reading edition

Sauval, Histoire et antiquités de la ville de Paris (1724. 3 vol. in-fol.), t. II, p. 583—Traihouer, Traihoir, Trihouer, Tyroer, Tiroye.—Je n’en finirais pas, si je voulais citer toutes les variantes de ce mot.

La Croix du Tiroir.

Cette croix me met bien en peine: Que fait-elle dedans ce lieu? Seroit-ce une Croix de par Dieu, Ou bien une croix de Lorraine? Nenny, c’est la Croix du Tiroir, La seule noble antique à voir, Dedans ce village moderne: Qu’elle est grande! On la voit de loin; Mais sa disgrâce me lanterne: Pourquoi l’a-t’on mise en ce coin? Muse, c’est ce qu’il me faut dire; Autrement, je crie aux voisins, Et nous ne serons pas cousins A la fin de cette Satire: Brûle, comme magiciens, Plustost tes livres et les miens... Ha! ma mémoire s’est refaite: Sçavez-vous pourquoy c’est, Badaults? C’est qu’icy la reyne Gilette[2] Fut tirée à quatre chevaux.

(La Chronique scandaleuse, ou Paris ridicule, de Cl. Le Petit, un poëte sur lequel nous reviendrons plus longuement à la fin de notre livre.)

Colletet n’a pas oublié non plus «ce carrefour noir de peuple», comme dit Victor Hugo dans son admirable Paris à vol d’oiseau.

Sçais-tu quelle est cette fontaine? Ce n’est pas la Samaritaine; C’est l’autre que tu viens de voir, C’est icy la Croix du Tiroir, Place où Némésis punit le vice Du honteux et dernier supplice. Prens garde contre ce poteau De t’aller casser le museau! Ne t’es-tu point blessé la joüe? C’est un voleur sur une roue Qu’on expose là quelque temps, Pour servir d’exemple aux passans. (Le Tracas de Paris.)

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