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Le féminisme français I

Note (retour) — LIVRE V

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Pourtant, ces moyens extrêmes nous répugnent. Mieux vaut l'entente que la lutte. Que dire alors des mesures excessives proposées par la Gauche féministe? Celle-ci n'hésite point à mobiliser contre les maîtres toutes les forces coercitives de l'État, réclamant qu'une loi et des règlements fixent le travail des bonnes, les heures de service et les heures de sortie, ou, du moins, que «le travail des domestiques soit assimilé à celui des ouvriers et des employés quant aux conditions d'hygiène et de repos.» Vainement on ferait remarquer qu'en ce qui concerne même les bonnes mineures, il existe un protecteur naturel, la famille, et qu'il serait excessif de lui substituer l'État, d'autant mieux que rien n'oblige une domestique à rester dans une maison où elle se trouve mal payée ou mal traitée: il est entendu que les inspecteurs et les inspectrices du travail auront le droit de contrôler ce qui se passe dans les cuisines. Ne dites pas qu'il faudra créer toute une armée de fonctionnaires pour procéder à ces incessantes visites domiciliaires: il suffira, répond-on, que les bonnes déposent une plainte chez l'inspecteur. Et voyez l'ingénieux détour: la dénonciation tortueuse et lâche remplacera l'inquisition à domicile 144. On ne saurait vraiment imaginer rien de plus libéral: ou l'espionnage ou la délation. Avec un pareil régime, le shah de Perse lui-même se déciderait à cirer ses bottes. Si jamais cette savante réglementation est votée, une loi s'imposera d'urgence pour défendre les maîtres contre la tyrannie des domestiques.

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