Note (retour) — LIVRE IV
Reading edition
En outre, la coéducation,--comme tous les mots prétentieux qui servent d'enseigne à un parti,--exprime mal ce qu'elle veut dire. D'abord, il faut distinguer la coéducation, qui suppose l'internat, de la coinstruction, qui n'exige que l'externat. Si la première offre des dangers qui sautent aux yeux, la seconde peut se défendre plus aisément, et les États-Unis ne pratiquent guère que celle-ci. D'autre part, si favorable qu'on soit au rapprochement des garçons et des filles, on ne saurait se dispenser d'admettre que la coéducation, fût-elle poussée aussi loin que possible, comporte forcément, sous peine de dégénérer en promiscuité honteuse, une certaine séparation des sexes. A Cempuis, l'orphelinat Prévost, qu'on nous présente comme «une école modèle de coéducation 105,» comprend deux internats, un pour les garçons, un pour les filles, avec une école au milieu où les uns et les autres reçoivent un enseignement commun. Le mot «coéducation» manque donc de précision et de probité. C'est «coinstruction» qu'il faudrait dire, la coéducation n'existant vraiment que dans la famille.