Note (retour) — LIVRE IV
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Nous repoussons d'abord le programme de l'Extrême-Gauche féministe, si séduisant qu'il puisse paraître. Jugez donc: il faut que tous apprennent et qu'on apprenne tout. C'est ce qu'on appelle, en langage socialiste, l'«instruction intégrale.» Mlle Bonnevial ayant pris la peine de nous expliquer ce qu'il convient d'entendre par ce vocable effrayant, nous la citerons textuellement, en soulignant, après elle, les mots essentiels. «Nous voulons l'éducation, intégrale dans son objet, tous les hommes et toutes les femmes ayant également droit à leur complet développement;--nous la voulons dans la méthode de culture et dans les moyens de culture, c'est-à-dire que l'éducation doit créer un milieu qui permette au jeune humain de prendre contact avec tous les objets de la connaissance, afin d'éveiller son initiative personnelle; elle doit préserver son cerveau de toute empreinte servile, en l'habituant à l'observation, à l'expérimentation, à la déduction, à la synthèse; de telle sorte qu'il arrive à se faire sa loi morale, au lieu de la recevoir toute faite; elle doit cultiver, universaliser, par la mise en présence de la matière et des outils primordiaux, ses aptitudes, le jeu normal des muscles, l'éducation des sens, de façon à lui assurer l'indépendance économique en lui donnant les procédés généraux du travail.» Et cette bonne demoiselle,--une pédagogue, s'il vous plaît!--nous assure qu'ainsi organisée, l'éducation nationale supprimera en un tour de main «l'ignorance et la misère 88.»