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Le féminisme français I

Note (retour) — LIVRE IV

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Semez, disent les idéalistes, semez l'instruction à pleines mains dans les intelligences féminines, et vous verrez bientôt lever la semence et grandir la moisson. C'est le fonds qui manque le moins. Pourquoi les hommes auraient-ils peur des savantes et des doctoresses? Comment le foyer conjugal pourrait-il en souffrir? La femme en est déjà la grâce et la joie: faites de plus qu'elle en soit la lumière et le bon conseil, et elle vivra en communion plus étroite avec son mari. Que de fois celui-ci s'est plaint de l'indifférence de sa compagne pour les connaissances qu'il possède, pour les études qu'il entreprend! Élevez-la donc à son niveau; et l'époux, enfin compris, encouragé dans ses ambitions, soutenu dans ses projets, assisté même en ses travaux, sera moins tenté de chercher au dehors l'appui ou la distraction qu'il trouvera chez lui. Sans compter que, peu à peu, par une infiltration lente et mystérieuse, les mères pourront transmettre à leurs enfants des dispositions cérébrales plus actives et plus puissantes; et le milieu social s'en trouvera surélevé, l'esprit français élargi et fortifié. S'il faut en croire le verbe sonore de M. Izoulet, on ne saurait s'imaginer de quelles délices l'épanouissement intellectuel de la femme enivrera la «spiritualité» de l'homme. «Supposez-les tous deux également, quoique diversement, développés au dedans: alors se consomme la communion des consciences; alors se multiplient, innombrablement, dans le jeu des affinités secrètes, les invisibles rencontres et les subtiles élections; alors, vraiment, le couple humain féconde par l'esprit la misère des heures et éternise la vie brève en y faisant sourdre l'infini 69.» Point de doute: ce sera le paradis des anges.

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