Note (retour) — LIVRE IV
Reading edition
Toutes ces disparités de nature et de fonction entre l'homme et la femme s'opposent à l'uniformité des programmes, des études et des disciplines. Point d'enseignement efficace sans une correspondance sympathique entre l'instruction donnée et le sexe qui la reçoit. «Comme notre corps ne se nourrit pas de ce qu'il mange, mais de ce qu'il digère,» de même «on ne s'instruit pas avec ce qu'on apprend, mais avec ce qu'on s'assimile.» Et M. Ernest Legouvé induit de cette comparaison que «la femme a droit à être élevée aussi bien que l'homme, mais autrement que l'homme,» et que «même dans le cas où on leur enseignerait à tous deux la même chose, il faut la lui enseigner, à elle, différemment 77.» Il ne s'agit pas, bien entendu, de faire pour les filles une science moins exacte, une science édulcorée et fade, une science ad usum puellarum, mais seulement, comme l'a dit un maître en pédagogie, M. Gréard, «de leur rendre la vraie science plus accessible et plus assimilable, en la dégageant de tout ce qui n'est pas indispensable à l'éducation de l'esprit 78.» Y a-t-on réussi?