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Le féminisme français I

Note (retour) — LIVRE IV (continued 2)

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Mettons que j'exagère. Il demeure que la frivolité des femmes est malheureusement trop fréquente. De la petite ouvrière à la grande dame, la coquetterie occupe, affolle toutes les têtes, et les dépenses de toilette rongent tous les budgets. On ne saurait trop y insister: la plus grande plaie de notre époque, c'est la démoralisation de la femme par le luxe. Eh bien! le féminisme opposé comme réactif à cette puérilité, à cet affaissement, à cette dépravation des âmes, est digne d'encouragement: c'est un féminisme modeste, sincère et généreux, qui convie la jeune fille à faire retour sur elle-même, à se pénétrer de son néant relatif, à se corriger de cette nullité élégante que beaucoup d'hommes recherchent et qui n'est pas sans plaire aux mères, à sortir, par un vigoureux effort, de l'infériorité mentale et morale où ce travers de vanité l'a mise. Ainsi compris, le féminisme aiderait la femme à se raidir, non pas contre le sexe fort, mais bien contre sa propre faiblesse, à s'insurger, non contre les vices des hommes, mais contre ses propres défauts, pour se grandir et se régénérer; il serait, suivant le mot de M. Émile Faguet, «une généreuse révolte de la femme contre elle-même, un désir impatient, impétueux même, de s'amender, de s'améliorer, de se redresser dans tous les sens du mot 139;» bref, ce féminisme serait très légitime, très sain, très digne et très vertueux. Tous les hommes de sens y applaudiraient.

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