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Le féminisme français I

Note (retour) — LIVRE IV (continued 2)

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C'est l'histoire de Sophie Kovalewski, cette Russe éminente, dont les travaux mathématiques furent, en 1888, honorés du prix Bordin par l'Académie des sciences de Paris. Elle mourut à quarante ans, malheureuse et désabusée. Que nos amoureuses d'indépendance et de savoir méditent ces cris de douleur que la science et la vie lui arrachaient en plein triomphe: «Que la vie est donc une chose horrible! écrivait-elle à l'occasion d'un anniversaire de sa naissance. Qu'il est bête de continuer à vivre! J'ai trente et un ans, et il est horrible de penser qu'il m'en reste autant à vivre. Bien des personnes me font songer à des insectes dont les ailes auraient été arrachées, plusieurs articulations écrasées, les pattes brisées et qui ne se décident pas à mourir.»--«La création scientifique, disait-elle un autre jour, n'a aucune valeur, puisqu'elle ne donne pas le bonheur et ne fait pas avancer l'humanité. C'est folie que de passer les années de sa jeunesse à étudier; c'est un malheur surtout pour une femme d'avoir des vues qui l'entraînent dans une sphère où elle ne sera jamais heureuse.» Et quand les honneurs lui viennent de Paris, elle répète: «Je ne me suis jamais sentie si malheureuse, malheureuse comme un chien 136.»

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