Note (retour) — LIVRE IV (continued 2)
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Au point de vue moral, d'abord, ses partisans ne tarissent pas en éloges pompeux et en mirifiques promesses. Le malheur est que leurs dithyrambes sont souvent contradictoires. Lorsqu'on leur oppose que l'instruction donnée en commun tend à effacer les traits distinctifs des deux sexes, en efféminant les garçons, en virilisant les filles, ils répondent, avec Mme Emma Pieczynska, que, «de l'avis unanime des pédagogues et sociologues coéducateurs, l'éducation des sexes en commun favorise la différenciation de leurs génies,» que «leur seul rapprochement révèle à chacun sa place naturelle dans l'oeuvre collective,» que, «loin d'affaiblir leurs aptitudes distinctives, la communauté des études les précise et les met en relief 106;» qu'en un mot, grâce à la coéducation, les filles sont plus femmes et les garçons plus hommes. Si, maintenant, nous objectons qu'en mettant la femme et l'homme en concurrence dès l'enfance, en les préparant dans les mêmes classes aux mêmes carrières, on risque d'étendre et d'aviver entre eux les rivalités et les conflits, certains nous répondent avec M. Paul Delon, que, dans les écoles éducatives, «les rapports journaliers adoucissent les contrastes, les harmonisent, les corrigent l'un par l'autre,» que «les garçons deviennent moins brusques, moins secs, plus délicats, plus gracieux; les jeunes filles plus franches d'allure et moins légères d'esprit, moins affectées de niaiseries, moins perdues dans les chiffons,» bref, que les garçons prennent quelque chose de la femme et les filles quelque chose de l'homme. Mais que devient alors la différenciation des sexes?