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Le féminisme français I

Note (retour) — LIVRE II

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Les Livres saints nous apprennent, dit-elle en substance, que la première femme a causé la chute du genre humain en apportant au monde le péché et la mort; qu'elle a été accusée, convaincue et condamnée par Dieu, avant les assises générales du jugement dernier; que, depuis lors, en exécution de la sentence prononcée, elle enfante dans les larmes et dans la douleur; que le mariage est pour elle une sorte de servage, et la maternité une période de souffrance et d'angoisse. Bien plus, la Genèse rapporte que «la femme a été faite après l'homme, tirée de lui et créée pour lui.» Quoi de plus naturel que la Foi et la Loi, «le droit canon et le droit civil, les prêtres et les législateurs, les Écritures et les Constitutions, les confessions religieuses et les partis politiques, s'accordent avec une touchante unanimité à la proclamer son inférieure et son sujet?» Prescriptions, formes et usages de la société civile, pratiques, disciplines et cérémonies de la société religieuse, tout sort de là. Pour avoir été formée d'une côte d'Adam, d'un «os surnuméraire», comme dit Bossuet, et surtout pour avoir induit notre premier père en tentation grave, Ève a été condamnée à la sujétion perpétuelle. Et avec une docilité aveugle, l'État n'a fait que souscrire aux suspicions et aux jugements de l'Église 11.

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